Compte-rendu de la soirée Henri-Meynard du 13 décembre 2025
C’est aux accents d’un programme musical fidèle à une affiche de 1926 annonçant un concert de la Philarmonie de Cadenet dans laquelle jouait Henri Meynard qu’une soixantaine de Lourmarinois se sont rassemblés salle Camus à l’appel de Lourmarin, Culture et Patrimoine pour assister à la remise publique de Lourmarin et ses millésimes, le deuxième ouvrage dont l’association a assuré la réédition.
Les membres de l’association se sont réjouis de la présence parmi eux de Christiane Mauroux, une des deux ayants-droit de Henri Meynard, sa sœur Dominique Vernaud, malade étant retenue en Suisse. Avant de distribuer les exemplaires souscrits, le président a tenu à remercier une nouvelle fois l’aide financière de la municipalité en la présence de son premier magistrat, avant de saluer une fois de plus le travail collectif qui a permis de tenir nos engagements en assurant pour la deuxième année consécutive notre rendez-vous de décembre.
Ayant écourté son intervention pour des raisons de santé, Serge Cosseron n’a pas pu évoquer avec l’insistance que cela méritait, les efforts fournis par l’association pour se doter d’un instrument de communication moderne – le site Internet : https://lourmarin-culture-patrimoine.fr – pour répondre aux deux objectifs majeurs que sont l’animation d’une vie culturelle à Lourmarin et ses environs – à travers une dizaine de manifestations annuelles les plus diversifiées possibles qui s’adressent à tous – et la défense du patrimoine local, non seulement sous la forme littéraire avec la réédition des œuvres d’Henri Meynard, mais aussi bien historique avec la participation à l’année Philippe de Girard dont LCP se fera l’une des continuatrices sous des formes à définir dans les prochains mois.
Ensuite, grâce au montage réalisé par Thierry Laigle, les spectateurs ont pu assisté au déroulement de la vie de Henri Meynard (1903-1981) à travers les photographies rassemblées dans la première édition de son Journal.
Devenu, par ses écrits et interventions diverses lors des journées du Château de Lourmarin ou lors d’émissions radiophoniques, une mémoire locale appréciée, Henri Meynard fut sollicité pour décrire la vie d’avant. Ce fut le cas en 1970, dans le cadre d’une émission de France-culture où, en compagnie du maréchal-ferrand César Reynaud – autre figure locale très appréciée par les anciens – Henri Meynard raconte Lourmarin à travers l’élevage des vers à soie. Cultivé depuis le début du XVIIe siècle dans la région – un très ancien arbre situé sur le terroir de Puyvert attesterait de la présence sous Henri IV d’un premier mûrier –, l’élevage du ver à soie a profondément modelé l’architecture locale, de nombreuses maisons témoignant encore de la présence de traces de poutres longitudinales servant à étendre les feuilles de mûriers dans les pièces les plus élevées des maisons. Une discussion vive entre les personnes présentes a permis d’évoquer cet aspect important de la vie locale, ouverture vers l’économie monétaire pour les petites mains qui assuraient les nombreuses taches destinées à l’élevage des cocons. On rappela que dans sa correspondance commerciale, le père de Philippe de Girard, Pierre Henry Joseph – de 1752 à 1780 – correspondait avec de nombreux producteurs de cocons locaux ou languedociens en cheville avec de nombreux marchands soyeux lyonnais pour alimenter les fabriques de soie de la capitale textile française d’alors.
C’est sur ces évocations que la soirée s’acheva dans le brouhaha joyeux des conversations et le choc des breuvages.
Rendez-vous en décembre 2026 pour le dernier volume de la trilogie Meynard.
Auparavant, fin juillet prochain devant la Cour Meynard, nous espérons pouvoir vous faire écouter les enregistrements radiophoniques d’Henri Meynard dans leur intégralité afin de faire résonner une fois de plus l’écho des souvenirs du Lourmarin des années passées. Une occasion pour replonger dans la mémoire vivante du village.
Quant aux Millésimes, nous les ferons revivre en août prochain dans le cadre d’une exposition de photographies originales, dans l’espace de la salle voûtée où l’été dernier nous avions donné à voir la collection des photographies d’Albert Chapelin sur le Lourmarin des années 50/60.





